Sciences et société, alimentation, mondes agricoles et environnement


Le fil © archives Yann Kerveno

Publié le 30 juin 2026 |

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La dernière pelote

Dernier fil de la saison (et dernier tout court) qui, à défaut de vous soustraire à la canicule sera l’occasion de vous rafraîchir (au moins) la mémoire. De quoi avons-nous parlé depuis le début de l’année 2026 ?

Photographie : © archives Yann Kerveno

Comme à chaque fin de saison, c’est l’heure de rembobiner la pelote de fils de la revue Sesame. Et comme à chaque fois, nous avons exploré les recoins du monde qui est le nôtre, entre actualité chaude et sujets plus fondamentaux. En parlant d’actualité, c’est peu dire qu’elle a été riche depuis le début de l’année dans les sujets qui nous intéressent. Passée la dermatose nodulaire qui semble vouloir rester tranquille cette année, c’est la peste porcine africaine qui fait parler d’elle. Elle est très présente en Allemagne, en Italie et, depuis l’automne dernier, en Catalogne, dans la banlieue de Barcelone. Avec, dans ce dernier cas, une énigme, celle de la souche qui ne ressemble à rien de déjà-vu et que l’on a même pu croire, l’espace de quelques semaines, échappée d’un laboratoire tout proche. Cet épisode catalan met en tout cas à l’épreuve les mesures sanitaires déployées dans les pays concernés ; nous avons ainsi pu comparer trois approches différentes et voir combien, au-delà des seules questions vétérinaires, les maladies animales deviennent aussi un sujet de société parfois brûlant. Ces dernières semaines nous en apportant encore la preuve alors que la colère gronde dans la capitale catalane pour réclamer la réouverture du parc de Collserola, un des poumons de l’agglomération situé dans la zone. Au point que 200 personnes ont bravé l’interdiction à la mi-juin pour pénétrer dans la zone confinée et réclamer la réouverture du parc.

Drôles de bestioles

Toujours au rayon animal, nous sommes revenus sur la découverte toute récente de la lucilie bouchère dans un élevage du Texas malgré les millions de dollars investis dans la lutte avec la dissémination d’insectes stériles en Amérique centrale. Ce sont aujourd’hui 16 cas qui ont été enregistrés au Texas et il faudrait lâcher 600 millions de mouches stériles par semaine pour lutter contre le parasite quand il s’en produit aujourd’hui seulement 100 millions. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, de loin, le monde de l’élevage et des pâturages, aussi immuable puisse-t-il sembler, est aussi un lieu d’innovation. C’est ce que nous avons vu avec les clôtures virtuelles, qui intéressent les fonds d’investissement, et la gestion de l’herbe par sa pousse et le mouvement contrôlé des troupeaux. De l’herbe, il n’y en avait guère sur l’île d’Amsterdam, loin dans le sud de l’océan Indien, mais c’est bien un oiseau qui en a chassé, avec pertes et pas mal de fracas, les vaches qu’on y avait installées. Pour en finir avec le règne animal, méfiez-vous cet été de la processionnaire du chêne mais aussi des fourmis ou autres vers bizarres et l’on se souviendra de l’édition 2026 du Salon international de l’agriculture de Paris qui s’est déroulée sans ses stars, les bovins.

Des mots et des maux

De l’animal à l’homme, il n’y a qu’un pas que le concept One Health nous fait franchir, comme nous l’avons vu en avril dernier à l’occasion d’un grand raout (et non Raoult) mondial tenu à Lyon (O). De quoi faire un parallèle entre les différentes approches des maladies contagieuses, tiens, quand aux États-Unis c’est aujourd’hui la rougeole qui flamboie avec 2 104 cas enregistrés depuis le début de l’année contre 2 288 pour toute l’année dernière… Le tout dans un contexte de défiance face aux médecins et aux vaccins orchestré par le mouvement Make America Healthy Again. Nous avons aussi voyagé, fait un détour par l’Espagne où les barrages n’ont jamais été aussi pleins d’eau et vu que certains lacs sont aussi éphémères qu’une pluie d’orage d’été. Nous nous sommes demandé qui toussait quand Ormuz était fermé, ce que contenait l’accord de libre-échange négocié entre l’Union européenne et l’Australie, avons vu comment l’avocat (le fruit) pouvait être une histoire de mafia, que les luttes agricoles connaissaient une certaine forme de convergence, non sans surprise d’ailleurs, que l’obtention de nouvelles variétés n’avait pas toujours été l’apanage de grands groupes mondiaux de génétique végétale et que l’histoire du piment ressemble fort à une course à celui qui arrache le plus. Enfin, nous avons aussi tenté de tirer au clair le débat entre intensif et extensif pour nous rendre compte que les mots sont parfois (souvent) instrumentalisés au prix de la perte de leur sens. Et qu’il n’est alors guère étonnant que les débats tournent en rond si les bases sont évolutives au gré des opinions !

Voilà, c’est la fin de ce tour d’horizon, le moment de vous laisser avec El Niño qui répond présent au rendez-vous qu’il avait lui-même fixé et de vous laisser tout court puisque ce film en forme de rembobinage est aussi le tout dernier. Il n’y aura pas de nouvelle saison des fils de Sesame en septembre.

Cette aventure au long cours, commencée sur Twitter le 30 janvier 2019 puis basculée ici sur LinkedIn, s’achève sur cette 278e livraison, le 24 juin 2026. En espérant vous avoir permis, au long de ces années, à chaque livraison, j’ai évoqué pour vous plus de 250 sujets différents, de voir le monde tel qu’il est avec un peu plus de précision. Elle a été pour moi l’occasion de mettre, avec intérêt, mon journalisme à l’épreuve de la transparence puisque vous pouviez vous référer aux sources qui me servaient à traiter les sujets. Merci pour votre attention que vous soyez passés une ou deux fois ou été assidus, j’ai les noms.
Yann Kerveno.

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