Les échos & les threads

Published on 3 avril 2020 |

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Les échos #14-2020

Le coronavirus emplit les hôpitaux et tout autant nos vies, il est partout, dans les informations, dans nos conversations, impossible de passer à côté. On lui trouvera toutefois quelques vertus, en cherchant bien. Celle d’avoir remis l’agriculture et l’alimentation au cœur de nos préoccupations par exemple. Sébastien Abis a questionné ce changement de donne et rappelle que, si pour l’instant le système alimentaire français est solide et le risque de pénurie limité, il n’en est pas de même dans d’autres pays. En Afrique par exemple, où l’arrivée du virus pourrait provoquer d’autres catastrophes. 


Le risque principal qu’encourt notre approvisionnement aujourd’hui, c’est bien celui de la main-d’œuvre, des bras qui viendraient à manquer pour récolter ou transformer les produits. En Espagne, ce ne sont pas moins de 160 000 travailleurs dont a besoin le secteur, à tel point qu’une fondation travaille au développement d’une plateforme internationale gratuite, pour mettre en relation les employeurs et les saisonniers. Au Royaume-Uni, la menace plane également, ce sont 90 000 paires de bras qui font défaut. Si les grandes exploitations embauchent de la main-d’œuvre des pays de l’Est, le secteur presse le gouvernement anglais de prendre les choses en main. Et organise le transfert de ces travailleurs.

En France, les entreprises de l’agroalimentaire font face malgré un taux d’absentéisme qui approche les 30 % pour cause de Coronavirus. France culture en a profité pour découvrir le poids de la main-d’œuvre saisonnière étrangère dans l’agriculture française. Le Guardian a fait un petit tour d’Europe pour compter les absents et raconte aussi qu’en Californie les 400 000 saisonniers qui travaillent aux champs le font sans aucune protection


S’il n’y a pas encore de grosses ruptures, certains secteurs spécialisés, notamment les légumes à destination de l’industrie et de la restauration sont au point mort, le marché du frais ne pouvant pas tout absorber. Il y a par exemple de grosses tensions dans la pomme de terre habituellement dévolue à faire des frites. Les gouvernements gardent un œil très attentif sur ces questions, en particulier sur la fluidité des échanges. C’est d’ailleurs au gouvernement français que les éleveurs de bovins ont écrit pour réclamer la mise en place d’un prix de crise, afin de les rémunérer au moins à hauteur de leur coût de production. Sans le marché des restaurations collectives et commerciales, les débouchés des éleveurs sont en grande partie concentrés dans les mains de la grande distribution. En Nouvelle-Zélande, où le virus a fait son apparition, les boucheries n’ont pas été considérées comme des commerces essentiels et ont dû baisser le rideau dans le cadre des lois de confinement.


Parmi les évolutions que ne manquera pas de provoquer cet épisode de pandémie, le secteur de la restauration risque de changer de visage. Il y a bien sûr de nombreux établissements qui risquent de mettre la clé sous la porte, mais d’autres pourraient profiter de l’aubaine, il s’agit des Ghost Kitchen, ces restaurants sans salle adossés à des entreprises de livraison. Sachez enfin qu’une class action a été lancée aux États-Unis contre Beyond Meat et Peta, pour des sms indésirables et qu’en Espagne, la crise terrible que traverse le pays provoque une baisse drastique de la consommation de… gâteaux et sucreries.




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