Les échos & les threads

Published on 27 novembre 2020 |

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Les échos #34-2020

Par Yann Kerveno

On s’inquiétait la semaine passée de l’évolution de la vigne face au changement climatique. Peut-être que les amateurs de vins seront rassurés par cette nouvelle en provenance du Togo. Pays dans lequel vient d’être mis au point un vin à base d’hibiscus et d’ananas. Au Brésil, s’il a laissé la bride sur le cou à l’agro-industrie en démantelant une partie des lois de protection de l’environnement voilà que le président Jair Bolsonaro demande l’aide des pays qui importent du bois brésilien pour « lutter contre la déforestation »… Il y a probablement d’ailleurs sur ce sujet des atteintes à la forêt un important enjeu d’images les grands groupes mondiaux de l’agroalimentaire qui se mobilisent par ailleurs. C’est le cas de Nestlé, Bimbo, General Mills, PepsiCo, Carrefour, Wallmart… En tout, dix-sept géants ont rejoint l’action lancée fin septembre par Le Consumer Goods Forum, The Forest positive coalition of Action. L’occasion de reconnaître que les efforts consentis sur le sujet depuis plusieurs années sont un ratage rondement mené ? Si la déforestation inquiète surtout en Amérique du Sud, c’est aux États-Unis que d’autres mastodontes du secteur, Cargill et McDonalds ont décidé d’investir avec la fondation Walmart pour promouvoir le retour des bovins aux pâtures.


Il n’y a pas qu’en Europe ou aux États-Unis qu’on s’écharpe pour trouver des noms acceptables aux succédanés de viande, lait et tout ce que vous voudrez. En Australie, une table ronde a même été organisée pour tenter de trouver une solution, mais les représentants de ces nouvelles industries l’estiment nulle et non avenue à cause d’une sous-représentation de leur secteur par rapport aux industries historiques du lait ou de la viande. Si tous les chemins mènent à Rome, il en existe aussi de nombreux pour réduire le recours au sucre dans l’agroalimentaire. C’est ce que nous explique Food Business en précisant que le principal écueil était la modification substantielle du goût des aliments quand on allège la recette en sucre. Vous avez dit goût ? Eh bien sachez que les aliments consommés dans l’espace n’ont pas le même goût que sur terre. Et des chercheurs ont compris pourquoi


On connaît l’importance de la pression réglementaire existant visant à faire reculer le consommation d’antibiotiques en élevage, mais sommesnous aussi mesurés quand il s’agit d’antibiothérapie humaine ? Rien n’est moins sûr, si notre consommation est en léger repli après trois années de stabilité, cela va plus vite dans les élevages. Avec 422 tonnes administrées en 2019, c’est même le plus bas chiffre enregistré depuis le début des mesures, en 1999. Le recul de la consommation dépasse 50 % depuis 2011, contre une baisse de 15 % pour les antibiotiques « humains ». Le rapport de l’Anses récemment rendu public fait également état d’un recul sensible d’un indicateur bien plus précis que le tonnage, avec une exposition globale en repli de 10,9 % entre 2018 et 2019. Ça baisse chez les bovins, porcs, volailles,-  l’écrasante majorité du cheptel – mais cela augmente pour les lapins et les autres carnivores domestiques. Pour les produits vétérinaires la France figure en 14e position du classement sur les 31 membres du réseau européen tandis que du côté des antibiotiques humains, notre consommation reste supérieur de 30 % à la moyenne européenne. Tout est là dans le rapport complet. Et l’on notera dans la presse qu’il est plus souvent fait mention des chiffres concernant les animaux que ceux des humains. #onehealth a encore du chemin à faire


Si l’on est toujours sans nouvelle des extraterrestres, c’est le Permafrost qui nous envoie une carte postale inquiète. Selon une étude toute récente publiée dans Nature, nous pourrions bien avoir atteint le point de non-retour et ne plus pouvoir enrayer la fonte des millions d’hectares autrefois gelés en permanence. En Australie, on se prépare à voir le climat se durcir, dans 20 ans, l’année 2019 et ses incendies qui ont dévasté l’équivalent de la surface du Royaume-Uni pourrait ne plus être considérée comme une anomalie… L’Australie, où la famille Pickersgill qui vient de racheter une ferme de 447 000 hectares, réalise qu’il manquait près de 1 500 têtes de bétail à l’inventaire initial fort de 12 500 têtes de zébus brahmanes. Valeur du vol supposé, 2 M$ australien.

Le photographe américain Jonathan Blaustein s’est demandé ce que l’on pouvait acheter comme quantité de différents ingrédients avec un seul petit dollar et il en a tiré une série de photographies à voir sur son site. En France, le kebab, qui a contribué, avec les hamburgers, à détrôner l’emblématique jambon beurre, serait-il en train de passer de mode ? La question est posée. Et si la réponse ne vous convient pas, vous pouvez vous débarrasser de votre mauvaise humeur en furetant dans l’atlas des régions naturelles ou partir à la découverte des initiatives foncières en France avec la plateforme Récolte. Ou encore lire l’épopée des chercheurs d’ICARDA en Syrie, qui sont parvenus à exfiltrer 116 000 accessions ou semences de cérales (83 % de ce qui était conservé par l’institut), pour les stocker dans le grand nord, dans la Réserve mondiale de semences du Svalbard, qui a pour mission de conserver, à – 18°C, le patrimoine génétique mondial des principales grandes cultures (blé, riz, avoine…)




2 Responses to Les échos #34-2020

  1. A.G says:

    Accessions ? Des pousses ?

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