Les échos & les threads

Published on 24 avril 2020 |

0

Les échos #15-2020

Nos habitudes vont changer, peut-être pas radicalement, mais elles évolueront à la sortie de la crise qui nous occupe depuis le début de l’année. Nul ne peut prédire comment notre consommation bougera, mais cet épisode laissera des traces dans l’industrie agroalimentaire, l’agriculture… Vous pouvez jeter un œil aux données mises en ligne régulièrement par Rabobank, il y a plein d’enseignements à en tirer.

Ainsi, dans un passionnant papier, Forbes se demande si la restauration commerciale, les restaurants, n’est pas à l’aube d’une révolution qui la verrait travailler directement avec les producteurs agricoles, par le biais d’une chaîne logistique réduite à sa plus simple expression, automatisée en somme. Réduction qui permettrait aux deux extrémités de mieux gagner leur vie. Ce nœud logistique est d’ailleurs pointé du doigt dans un autre papier de Wired, qui explique que c’est bien le talon d’Achille de l’agroalimentaire américain, en grande partie incapable de rerouter les productions habituellement destinées à la restauration vers le marché du frais.


Dans les campagnes, chez nous, les agriculteurs ont aussi dû faire preuve d’inventivité pour trouver, au débotté, de nouveaux débouchés. Peut-être que cette crise aura aussi des conséquences sur la perception de l’agriculture et des produits alimentaires. Peut-être de nouvelles technologies seront-elles mieux admises ? C’est le pari que fait la banque Barclays dans une note qui annonce que les fermes verticales sont prêtes à « disrupter » l’agriculture. Alors même qu’on apprend que les farines modernes, obtenues à partir de blés modernes, sont de meilleure qualité, notamment sur le plan de la composition en fibres, que celles qu’on pouvait tirer des blés du XVIIIe siècle. Voilà de quoi disrupter quelques idées bien reçues pendant que les marchands de pâtes, eux, se frottent les mains !

En Afrique, la catastrophe annoncée est bien en train de se produire. La deuxième vague de criquets de 2020 est 20 fois plus importante que la première… L’histoire complète est même détaillée par Wired et les dégâts, si l’on ne fait rien, pourraient atteindre 8,5 milliards de dollars. En Éthiopie, un million de personnes sont déjà en situation d’aide alimentaire d’urgence. En Chine, après le Covid-19, c’est une autre épidémie (Decapod Iridescent Virus 1 ou DIV1) qui menace les crevettes de la maladie de la tête blanche. Et puisque nous sommes dans le gai chapitre des épidémies, revoilà Xylella fastidiosa. Une équipe de Wageningen a modélisé le développement de la bactérie tueuse d’oliviers. Et estimé les pertes économiques liées à sa présence.


Il pourrait en coûter plus de 5 milliards d’euros en Italie, près de 2 milliards en Grèce et près de 17 milliards d’euros en Espagne pour les prévisions les plus sombres. Autre sujet émergent, à mesure que nous avançons dans le printemps, la main-d’œuvre agricole. Nous sommes à l’aube de violentes polémiques dans la plupart des pays européens, et en Espagne la situation se dégrade en particulier pour les travailleurs sans papiers alors que le pays cherche 75 000 saisonniers. La situation est identique en Italie qui cherche des travailleurs non-européens pour ses champs.

En Chine encore, les importations de viande ont établi un nouveau record en mars, avec 919 000 tonnes. Plus près de nous, c’est la sécheresse au nord qui fait crever l’herbe et inquiète parfois plus que la crise. Les agriculteurs se débattent parfois au fond des impasses technologiques, le Conseil d’État a rejeté le recours de l’association Respire qui souhaitait faire interdire les épandages agricoles et voici une nouvelle polémique après la visite du président de la République dans une serre chauffée où poussent des tomates hors sol. Et là, le pangolin se tape sur le bide. Même si c’est difficile.

Update (Un esprit chagrin mais bien informé me fait remarquer que ce n’est pas un pangolin qui se roule en boule dans le Gif ci-dessus. C’était un piège. En effet c’est un tatou. Je cours me rouler en boule sous ma couette de confiné.)




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back to Top ↑