Les échos & les threads

Published on 5 juin 2020 |

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Les échos #19-2020

La crise de Covid-19 n’a pas fini de faire tourner les boyaux de nos têtes dans tous les sens. Et la crise a fait (re)surgir de nouveaux mots dans le concert de nos préoccupations. Parmi ceux-là, résilience, sécurité alimentaire, relocalisation… Vient d’apparaître, par exemple, la question des stocks alimentaires et l’Europe se demande si elle n’est pas allée un peu loin dans la tension des flux logistiques. Nous stockons ainsi 12 % de notre consommation annuelle de céréales (un mois et demi) quand les Chinois en entreposent 75 % et les États-Unis 25 %… Mais au final c’est peut-être moins une question de stocks que de logistique. Des chercheurs ont profité de l’occasion pour présenter des scénarios pour justement mieux sécuriser l’approvisionnement de Paris en redistribuant les cartes de l’agriculture en Île-de-France. Où l’on apprend que la distance moyenne d’approvisionnement est passée de 100 kilomètres au XIXe siècle à 790 km au début du XXIe siècle à cause de la spécialisation des régions de production.


Mais c’est oublier que pour les bovins, cette spécialisation existait depuis des lustres, comme le décrit Derrick Rickson, un boucher devenu chercheur, dans un formidable livre consacré à l’histoire du commerce de la viande. Aux États-Unis, peut-être plus qu’en Europe, la crise du coronavirus a porté la filière viande à un état de tension extrême sur lequel s’est penché le Guardian début mai. Et c’était avant le développement de foyers épidémiques dans les abattoirs des géants de la viande… 

Puisqu’on parle des villes, faisons un saut au cœur de l’interface entre la campagne et l’urbain, je veux parler du périurbain qui semble nécessiter qu’on y mette un peu d’ordre, ou, plutôt, un peu de sens après avoir urbanisé en répondant simplement « au désir des gens d’habiter là. » Du périurbain au rural, il n’y a qu’un pas que l’on peut aisément franchir en s’intéressant au devenir du Feader, le fonds européen du deuxième pilier de la Pac, consacré au développement rural. La commission européenne vient de revoir sa copie. Dans ses premières projections budgétaire de 2018, elle avait taillé sans ménagement dans le montant de l’enveloppe mais semble s’être un peu ravisée. Ses propositions les plus récentes, la semaine dernière, ont réinjecté 20 milliards d’euros dans ce fonds pour appuyer la stratégie de verdissement Farm to Fork. Le second pilier serait donc doté de 90 milliards d’euros, un montant en repli de « seulement » 10 % par rapport à la programmation 2014-2020, alors que l’ambition de la commission était de réduire le budget de 30 %. Le budget envisagé pour la Pac, premier et second pilier, est ainsi porté à 258 milliards.


On sait aussi que la lutte contre le gaspillage a de beaux jours devant elle, à juste titre puisque c’est un des leviers les plus efficaces pour alléger en partie le poids que nous faisons peser sur notre écosystème. Des chercheurs américains sont parvenus à, sinon changer du plomb en or, à transformer, à l’aide d’une bactérie vorace, le glucose des déchets de pain (12,5 millions de tonnes gaspillées chaque année aux États-Unis…) en un petit miracle… En Espagne, il est une tendance qui ne se dément pas, celle de l’augmentation de la consommation de produits frais dans les ménages… Voilà de quoi réjouir les nutritionnistes qui ne cessent, en plus, de vanter les vertus des fruits secs. Alors si la coopérative lot-et-garonnaise Unicoque, numéro Un français de la noisette, est un modèle du genre, ce fruit sec connaît un regain d’intérêt aux États-Unis où elle a longtemps été dans l’ombre de ses cousines amandes, noix et pistaches… Mais aussi en Catalogne où les fruits secs remplacent les pêches au marché bien trop peu rémunérateur.

Si vous aimez les cartes, jetez donc un œil à cette nouvelle couche (layer disent les anglophones) de géoportail sur les sols français et plongez-vous dans le manuel rédigé par le groupement d’intérêt scientifique SOL qui vous rendra incollable sur la pédologie de nos terroirs. D’une carte à l’autre, gardons aussi un œil sur Hong-Kong et les relations de nouveau très tendues entre les États-Unis et la Chine qui vient de suspendre ses achats de soja et de porc (de 10 000 à 20 000 tonnes déjà) en provenance du Midwest. Nous voilà de retour en Chine grâce à l’actualité alors il n’est pas inintéressant de mettre ses oreilles en jeu pour écouter l’émission Cultures Monde de Florian Delorme diffusé hier midi, jeudi 4 juin.


Avec ses invités, il pose le pangolin au milieu de la table et s’interroge sur la cohabitation, la proximité, entre les animaux, sauvages ou domestiques, et les hommes… Dans cette même veine, son confrère Jean-François Cliche s’est lui demandé si les « poules urbaines » pouvaient présenter un risque « pangolien » !




2 Responses to Les échos #19-2020

  1. A.G says:

    Nutritionnistes ou Diététiciens ? XD

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